Vous vous demandez si ce que vous traversez, c’est « juste » la fatigue, un baby blues qui s’éternise, ou quelque chose de plus lourd. Voici un moyen simple, et reconnu, d’y voir un peu plus clair.

L’échelle d’Édimbourg, ou échelle de dépression post-partum (EPDS), est le test que les sages-femmes et les médecins utilisent pour repérer une dépression post-partum. Dix questions, deux minutes, ici et de façon anonyme. Ce n’est pas un diagnostic : juste une boussole, pour savoir s’il serait utile d’en parler.

Répondez en pensant aux 7 derniers jours, sans trop réfléchir. Rien n’est enregistré ni envoyé.

Au cours des 7 derniers jours…

1. J'ai pu rire et prendre les choses du bon côté.
2. Je me suis réjouie à l'idée de faire des choses.
3. Je me suis reproché, sans raison, d'être responsable quand les choses allaient mal.
4. Je me suis sentie inquiète ou soucieuse sans motif.
5. Je me suis sentie effrayée ou paniquée sans vraiment de raison.
6. J'ai eu tendance à me sentir dépassée par les événements.
7. Je me suis sentie si malheureuse que j'ai eu du mal à dormir.
8. Je me suis sentie triste ou peu heureuse.
9. Je me suis sentie si malheureuse que j'en ai pleuré.
10. Il m'est arrivé de penser à me faire du mal.

Ce test est un outil de repérage reconnu, pas un verdict. Quel que soit votre score, c’est votre ressenti qui compte le plus : si vous ne vous sentez pas bien, vous avez le droit d’en parler, point.

Comment lire votre score

L’échelle d’Édimbourg additionne vos réponses sur un total de 30 points. Plus le score est élevé, plus il y a de signes d’un mal-être qui mérite de l’attention. Voici les repères qu’utilisent les professionnels.

Votre score Ce que ça suggère Le bon réflexe
Moins de 9 Peu de signes dépressifs aujourd'hui Restez à l'écoute de votre ressenti
9 à 11 Des signes à surveiller En parler à une sage-femme ou un médecin
12 et plus Des signes significatifs Consulter sans tarder

Un repère à part, qui ne dépend pas du total : la dernière question (penser à se faire du mal). Si vous y avez répondu autrement que « jamais », même avec un score global bas, parlez-en vite à un professionnel. Et si les pensées sont là, maintenant, appelez le 3114 (gratuit, 24h/24).

✅ En bref

  • Un score élevé n'est pas un diagnostic, c'est un signal qui invite à consulter.
  • Un score bas n'efface pas un mal-être réel : votre ressenti prime sur le chiffre.
  • Le test peut se refaire à quelques jours d'intervalle pour voir si ça bouge.

Ce que ce test dit, et surtout ce qu’il ne dit pas

L’échelle d’Édimbourg a été créée en 1987 et reste, partout dans le monde, l’outil de référence pour repérer une dépression post-partum. Mais repérer n’est pas diagnostiquer. Voici ce qu’il faut garder en tête.

Ce qu’il fait bien : mettre des mots sur un ressenti flou, donner un point de départ concret pour une conversation avec un soignant, et rendre visible quelque chose qu’on a tendance à minimiser ou à cacher.

Ce qu’il ne fait pas :

  • il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’une sage-femme ;
  • il ne fait pas la différence, à lui seul, entre une dépression, une anxiété post-partum ou un épuisement profond ;
  • il photographie une semaine, pas toute votre histoire : un score peut changer d’un test à l’autre.

Et puis il y a ce que le test ne verra jamais : la maman qui « tient » en façade, qui s’occupe parfaitement de son bébé, et qui s’éteint à l’intérieur. Si c’est vous, ne laissez pas un chiffre vous dire que tout va bien. Ce que vous ressentez est une donnée, au même titre que le score.

Que faire de votre résultat : à qui en parler

Vous avez votre score. Quel qu’il soit, s’il a réveillé quelque chose, voici à qui vous pouvez en parler, sans attendre la visite post-natale :

  • votre sage-femme, qui assure un suivi à domicile dans les semaines après la naissance ;
  • votre médecin traitant ou votre gynécologue ;
  • la PMI (Protection maternelle et infantile) de votre secteur, gratuite ;
  • en cas de pensées noires, le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24h/24.

Depuis 2022, un entretien postnatal précoce est proposé à toutes les jeunes mères entre la 4ᵉ et la 8ᵉ semaine après l’accouchement. C’est exactement le bon moment pour montrer votre résultat et en parler librement. Si on ne vous l’a pas proposé, vous pouvez le réclamer.

Et si vous travaillez : une dépression post-partum peut justifier un arrêt de travail, c’est un droit. On a détaillé vos droits, la durée et les démarches de l’arrêt maladie dans un article à part.

Une dernière chose, parce qu’elle compte : demander de l’aide n’enlève rien à l’amour que vous portez à votre enfant. C’en est même la preuve.

Mains d'une femme tenant une tasse chaude devant une fenêtre ouverte sur une vallée verdoyante, lumière douce du matin

💛 Avant d'aller plus loin

Un score élevé ne veut pas forcément dire « dépression ». Parfois, c'est un baby blues qui s'éternise, parfois autre chose. Savoir les distinguer aide à mettre le bon mot sur ce que vous vivez.

Baby blues ou dépression post-partum : les reconnaître →

Peut-on faire le test pendant la grossesse ?

Oui. On l’associe au post-partum, mais l’échelle d’Édimbourg s’utilise aussi pendant la grossesse, car une dépression peut s’installer avant même la naissance (on parle alors de dépression anténatale ou périnatale). Les questions et la lecture du score sont les mêmes.

Si vous êtes enceinte et que ce que vous ressentez ressemble à ce que décrit le test, le réflexe est identique : en parler à la sage-femme ou au médecin qui suit votre grossesse.

FAQ : le test de dépression post-partum

Quel score indique une dépression post-partum ?

Sur l'échelle d'Édimbourg (total sur 30), un score de 12 ou plus est généralement considéré comme évocateur de signes dépressifs significatifs, et un score entre 9 et 11 invite à rester vigilante. Mais ces seuils sont indicatifs : seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic. Quel que soit votre score, votre ressenti compte.

Le test d'Édimbourg est-il fiable ?

C'est l'outil de dépistage de la dépression post-partum le plus utilisé au monde, validé scientifiquement depuis 1987. Il est fiable pour repérer un risque et orienter vers un soignant, mais ce n'est pas un outil de diagnostic : il signale, il ne conclut pas.

Le test peut-il distinguer un baby blues d'une dépression ?

Pas à lui seul. Le baby blues est précoce (vers le 3ᵉ jour) et passe seul en moins de deux semaines. Le test repère plutôt un mal-être qui dure. Si vous êtes dans les premiers jours, un score élevé peut refléter le baby blues plus qu'une dépression : c'est la durée qui fait la différence.

Le test remplace-t-il une consultation ?

Non, jamais. Il sert à mettre des mots et à savoir s'il est utile d'en parler. Le diagnostic et l'accompagnement relèvent d'une sage-femme, d'un médecin ou d'un psychologue. Voyez le résultat comme une boussole, pas comme une réponse définitive.

Mon conjoint ou ma conjointe peut-il faire le test ?

La dépression post-partum touche aussi le second parent. L'échelle d'Édimbourg a d'ailleurs été utilisée chez les pères. Le test peut donner un premier repère, et les mêmes interlocuteurs (médecin traitant, professionnels de la périnatalité) peuvent aider.

Sources et ressources fiables

Pour comprendre la dépression post-partum, son dépistage et savoir vers qui vous tourner, des informations validées par des autorités de santé :

Cet article a une visée d’information générale et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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