Dans les jours qui suivent l’accouchement, beaucoup de mères vivent une vague émotionnelle qu’elles n’avaient pas anticipée. On pleure pour un rien, on se sent dépassée, parfois étrangère à soi-même. La plupart du temps, c’est le baby blues. Parfois, c’est le signe de quelque chose de plus profond.
Savoir faire la différence, ce n’est pas une question de force ou de volonté. C’est une question d’information, et de droit à être aidée.
Le baby blues : intense mais passager
Le baby blues touche jusqu’à 8 femmes sur 10. Il apparaît généralement entre le 3ᵉ et le 5ᵉ jour après la naissance, au moment de la chute hormonale qui suit l’accouchement.
Ses signes les plus fréquents :
- des pleurs faciles, sans raison identifiable ;
- une hypersensibilité, une irritabilité ;
- de l’anxiété, un doute sur sa capacité à être mère ;
- des troubles du sommeil, même quand le bébé dort.
Le point clé : le baby blues dure quelques jours, rarement plus de deux semaines, et s’atténue de lui-même. Il n’empêche pas de s’occuper de son bébé ni de ressentir de la joie.
La dépression post-partum : quand ça s’installe
La dépression post-partum (DPP) concerne environ 10 à 15 % des mères. Elle peut survenir dans les semaines, voire les mois après la naissance, parfois après un baby blues qui ne passe pas.
Ce n’est pas « être une mauvaise mère ». C’est une vraie maladie, fréquente, et qui se soigne très bien.
Les signaux qui doivent alerter :
- une tristesse ou un vide qui dure depuis plus de deux semaines ;
- une perte d’intérêt, y compris pour le bébé ;
- un sentiment de culpabilité ou de dévalorisation intense ;
- des troubles du sommeil ou de l’appétit marqués ;
- des pensées noires, l’impression que « tout le monde irait mieux sans moi ».
Si vous reconnaissez plusieurs de ces signes, ce n’est pas à « attendre que ça passe ».
Quand et qui consulter
N’attendez pas la visite post-natale. Vous pouvez en parler dès maintenant à :
- votre sage-femme, qui assure un suivi post-partum à domicile ;
- votre médecin traitant ou votre gynécologue ;
- la PMI (Protection maternelle et infantile) de votre secteur ;
- en cas d’urgence ou de pensées noires, le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24).
Demander de l’aide n’enlève rien à l’amour que vous portez à votre enfant. C’en est même une preuve.
Cet article a une visée d’information générale et ne remplace pas un avis médical personnalisé.
← Revenir aux articles